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Népal
29-10-2007
Dhaulagiri BC - French Pass - Hidden Valley
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Lundi 29 octobre 2007
Ce matin on s’est levés à 5h du coup j’ai dormi
un peu haché de savoir qu’il fallait se lever plus tôt.
On est partis à 6h30 et on a attaqué une montée progressive
jusqu’à attaquer une espèce de crète-corniche au
dessus de crevasses dont certaines étaient assez impressionnantes.
A partir de là j’ai commencé à traîner un
peu la patte. J’ai laissé passer les autres et Gomé est
resté avec moi. Cette corniche plongeait d’environ 50m en terre
d’un coté et de l’autre une pente de neige plus douce.
Il fallait marcher en crête, celle-ci était dans la majorité
déneigée. Le sol était gelé mais on voyait des
fissures, des blocs de terre prêts à se détacher et glisser
vers les crevasses. Mylène m’a dit qu’elle n’y avait
même pas prêté attention.
A un moment où la crête en neige se faisait plus étroite
Gomé m’a encordé et on a finit par arriver en bout de
crête pour bifurquer vers le col au travers d’un océan
de neige. Le chemin est tracé dans la neige, le moindre pas à
coté et on s’enfonce à mi-mollet. A 10h j’ai eu
la fringale et me suis arrêté dans la montée du col manger
une barre alors que les autre arrivaient au col. La barre était très
dure, moitié gelée. Depuis la fin de la crête le vent
souffle en rafale à environ 60km/h. Ensuite j’ai repris mon petit
pas automatique, j’avais l’impression de ne pas vraiment plier
les genoux mais de déporter la jambe latéralement pour poser
le pied un peu plus haut que l’autre, en traînant le pied. Heureusement
le sol était lisse et ça se prêtait bien à la chose.
J’avais mon petit rythme régulier rythmé par la respiration
tout aussi régulière. Une inspiration, une expiration le temps
de faire un pas et le pas suivant, tel un automatisme dans penser à
grand-chose, sans penser que je suis en train de grimper un col à 5366m,
en prenant mon temps, à mon rythme à moi, tranquillement, bistaari…
Puis la pente s’est redressée, le col approchait, Indra et Kancha
sont venus, Kancha m’a prit le sac et j’ai continué mon
petit rythme, un peu plus légère. Indra a taillé 4 marches
dans la neige qui devenait glissante, puis Rub est venu tailler les dernières
marches. Et enfin je suis arrivée au col à 10h30. 1/2h après
les autre. Le temps de faire 4 photos et déjà on repartait.
Le froid, le vent, le soleil, j’avais quand même mal à
la tête, mais ça allait. J’étais heureuse d’être
arrivée jusque là.
Ce n’est pas tant ce col qui me faisait le plus « peur »
dans ce trek, mais les passages difficiles, délicats, aériens.
Et j’ai eu mon lot. Combien de « sentes » étroites
et vertigineuses… J’ai réussi à ne me concentrer
que sur là où je devais poser les pieds, j’ai ainsi pu
franchir pas mal d’obstacles sans trop de stress, j’en suis quand
même fière, mais dans l’idéal je préfère
les chemins où l’on peut se permettre d’oublier le sol
pour regarder le paysage tout au long de la progression. La descente du col
a été bien tranquille, la Hidden Valley a un relief doux à
cet endroit là. Quelques passages un peu raide en descente, mais même
pas peur, il n’y a pas de risque de faire une grande chute ou d’atterrir
au fond d’un torrent.
On a marché dans le vent jusqu’à 12h30 où l’on
s’est arrêté à 5100m pour planter le camp.
J’étais transie, les doigts gelés malgré mes gants
de soie plus les gros gants.
Un mal de tête qui me lançait quand j’avais le malheur
de tousser. Vite ils ont monté les grandes tentes cuisine/salle à
manger au milieu des rafales incessantes.
Béate j’observais le vol d’un gypaète pas farouche
qui flottait à quelques mètres dans un azur profond. J’étais
comme hypnotisée, pétrifiée…abrutie !
Puis on s’est réfugiés dans la salle à manger.
Une 10aine de népalais étaient déjà dedans assis
sur les cailloux qui tenaient la toile. On a sorti nos piques nique et on
a partagé avec eux. Ils étaient vraiment contents que l’on
prenne soin d’eux. Lorsqu’on leur tendait un aliment, ils tendaient
les deux mains en creux d’un air humble et reconnaissant.
Le petit jeune (Shing Raj) n’est pas bien, il a très mal à
la tête, on lui donne un doliprane et on le force à manger un
peu. Gérard est fébrile, il s’allonge sur la bâche
que l’on vient de poser sur la neige. On lui porte un tapis de sol et
bientôt je m’allonge à ses cotés invitant les porteurs
à en faire autant. Peut être 1/2h plus tard on nous porte de
la soupe. Gomé chasse les porteurs et leur dit d’aller à
la cuisine manger de la soupe. J’en reprend un bol avant de sortir de
ma léthargie, petite expédition pipi (pas un endroit où
se cacher) puis je regagne ma tente où j’enlève mes chaussettes
mouillées et entreprend un lavage lingette qui me fait le plus grand
bien.
Mylène me rejoint, on papote un peu. Je commence à écrire
pendant qu’elle s’endort.
Il fait très beau, mais quel vent !
Sous la tente il fait très bon, je reste même quelques temps
en soutien gorge !
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